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ISABELLE GABORIAULT

isabelle.gaboriault@hebdoleplus.qc.ca

Alorsque

estmarquéepar le

retour de la Marchemondiale des

femmes, qui suit un cycle de cinq

ans, laJournée internationalepour

l’élimination de la pauvreté, qui

sera soulignée de diverses façons

autant à Granby qu’àWaterloo le

vendredi octobre, ferauneplace

importanteà laréalitédes femmes

ensituationdepauvretéetd’itiné-

rance. Aux nuits des sans-abri qui

sedéroulerontenparallèledansles

deuxmunicipalités, il seraquestion

decettefâcheuseréalitédeplusen

plus présente dans la région.

« Il y a beaucoup plus de demandes

d’intervention du côté de la popu-

lation féminine », indique Nicolas

Luppens, coordonnateurduGroupe

Action Solutions Pauvreté (GASP),

qui chapeaute diverses activités

dans le cadre de la journée sur la

solidarité à la pauvreté.

Vivre dans la pauvreté ou en

situation d’itinérance peut être

difficile pour les hommes comme

pour les femmes, indique Annick

Lamy, travailleuse de rue à Water-

loo. «Mais il est très ardu pour une

femme de se reloger, surtout avec

des enfants, dit-elle. Il y a beau-

coup de chantage sexuel en échan-

ge d’un divan... »

« Voilà pourquoi nous trouvions

intéressant de faire un pont avec

la Marche mondiale des femmes,

ajoute Nicolas Luppens. Mais de

plus en plus, l’itinérance touche

des travailleurs, des personnes

âgées. Par les activités propo-

sées, nous voulons amener une

réflexion, développer la compas-

sion et montrer notre solidarité au

fait que nous refusons la misère.

Le tout en incitant un rapproche-

ment entre toutes les strates de la

population. »

Dans cette optique, en plus de la

nuit des sans-abris, des activités

sont proposées.

Pour une quatrième année, la

Marche STOP pauvreté aura lieu le

16 octobre. De 13h à 15h, une tour-

née des organismes communautai-

res, qui œuvrent auprès de gens en

situationde pauvreté et d’itinérance,

est au programme. Ce jour-là, des

élèves de l’école secondaire l’Envo-

lée se trouveront chez chacun des

organismes communautaires pour

mettre en lumière les nombreuses

solutions disponibles. Lemidi, dans

d’autres écoles de la région, des acti-

vités sous le thème

Debout, contre

la pauvreté

seront organisées. Le

Centre communautaire St-Benoit

(CCSB) est le lieude rassemblement

pour la marche. Juste après, de 15h

à 17h, toujours au Centre commu-

nautaire, se déroulera le jeu

Sur la

corde raide

. Invités à se mettre dans

la peau d’une personne en situation

de pauvreté ou d’exclusion sociale,

des gens venus de tous les milieux

tenteront de finir leur mois avec le

budget dont ils auront hérité. «C’est

un jeu créé par le Collectif pour un

Québec sans pauvreté, indique M.

Luppens. Chaque joueur aura son

profil. »

Pour démontrer leur solidarité

envers les moins bien nantis et

mettre fin aux préjugés, le GASP

invite la population à porter, les 16

et 17 octobre, un symbole d’arrêt-

stop (octogone rouge).

NUITDES SANS ABRIS

Comme c’est le cas dans 35 vil-

les au Québec, la Nuit des sans-

abris se déroulera simultanément

à Granby et à Waterloo dans la

nuit du 16 au 17 octobre. Dès 18h,

dans les deux municipalités, pres-

tation musicale, marche aux lam-

pions, lecture de lettres d’espoir et

soupe populaire sont à l’horaire. À

Granby, les gens sont attendus sur

le perron de l’église Notre-Dame,

en plein centre-ville. ÀWaterloo, le

rendez-vous est fixé à la Place du

centenaire. Aux deux endroits, des

vêtements chauds seront offerts

aux gens dans le besoin et des bacs

seront mis à la disposition de tous

pour recueillir des denrées non

périssables. Une épinglette faite

de bouts de laine grise sera offerte

aux participants sur les deux sites,

symbole de la Nuit des sans-abris.

Des breuvages chauds et des colla-

tions seront également disponibles

sur place.

Pou r p l us d’ i n f o rma t i on :

www.gasph-y.net

Un appel à la solidarité

Des membres des comités organisateurs de la Nuit des sans-abris à Granby et à Waterloo ainsi que de nombreux

collaborateurs invitent les gens à participer en grand nombre aux activités mises en place dans le cadre de la Journée

internationale pour l’élimination de la pauvreté du octobre.

PHOTO JANICKMAROIS

ENTRE

LES LIGNES

I s a b e l l e G a b o r i a u l t

isabelle.gaboriault@hebdoleplus.qc.ca

Au terme d’une journée qui nous a ramenées 30 ans en arrière le

week-end dernier, mon amieMai a décrété qu’elle ne s’habituerait

jamais à voir la cantine Aux Fritons à droite de la rue Principale quand

on descend vers Saint-Césaire plutôt qu’à droite quand onmonte à

Granby, là où enfants, nous avons mangé plus de patates frites que le

prescrit le

Guide alimentaire canadien

pour une vie.

Car oui, nous, Abbotsfordiens d’origine, sommes toujours montés

vers l’est et descendus vers l’ouest par la 112, et ce, depuis que lemont

Yamaska se dresse au cœur du village. Il y a sans doute quelque chose

dans l’eau de Saint-Paul, dû à l’arrosage des pommiers, qui a fait naître

en nous cette géolocalisation...

Ce surplus de nostalgiemunicipale est monté en nous samedi alors

queMai et moi étions invitées aumariage d’une amie d’enfance; Mylè-

nepaquette. Mai est la seule personne aumonde obligée de toujours

épeler son prénomcomposé de seulement trois lettres. Mylène, elle, est

de ceux dont la fusion du prénomet du nomde famille est inévitable

tellement c’est fluide. Impossible de la nommer àmoitié.

—C’est qui la fille qui semarie en fin de semaine?

—Mylènepaquette!

Filles des propriétaires dumythique Fritons—pour des burgers-

cuits-sur-charbon—, Mylène jouissait d’une très grande popularité

dans le village. En plus, elle a été la première à avoir une piscine, un

Nintendo et des cassettes VHS. Comme elle était le bébé de la famille,

on chantait et dansait sur

99 red ballons

de Nena qu’on faisait jouer en

boucle avant le retour de sa grande sœur Sophie. Parfois, on poussait

même l’audace jusqu’à jouer dans la chambre de sa frangine.

On aimait vivre dangereusement!

AvecMylène, c’était toujours la fête. Onmangeait à la cantine. On

buvait du Vico en quantité industrielle et ses parents nous amenaient

parfois chez «Québon», à Granby, pour engloutir des sundaes au

caramel-avec-des-peanuts.

Au-delà de notre relation culinaire, côtoyer Mylène c’était comme de

jouer avec des garçons: pas compliqué et actif. Elle était le

tomboy

de la

bande. Être avec elle amenait son lot de surprises. On avait du

fun

. Mal-

gré tout, je ne compte plus les fois où nos mères ont séché nos larmes

parce que les deux autres filles avaient décidé de jouer «juste-toutes-

les-deux». Il y a des semaines où le triangle que nous formionsMylène,

Mai et moi était plus souvent isocèle qu’équilatéral...

Mais notre amitié a été plus forte que nos chicanes, car notre petit

garçonmanqué aux cheveux d’ange en a gardé un assez bon souvenir

pour espérer nous voir à ses noces. Plus de 25 ans séparaient notre trio

de sa dernière rencontre.

C’est donc avec une petite nervosité queMai et moi, habillées en fem-

mes pour l’occasion, avons pris place dans l’église pour voir notre amie

vivre ce grand jour. Le deuxième plus beau après la naissance de son

fils Benjamin, son portrait tout craché.

Pendant queMylènepaquette pleurait sa vie (de joie) devant l’autel à

côté de son Christian, nous, dans notre banc, on s’est rappelé que notre

dernière visite conjointe dans ce lieu remontait à notre confirmation:

Mai avec sa permanente et moi avec une robe blanche que je n’allais

clairement jamais reporter. Des souvenirs, des lieux et des visages qui

nous ont confrontées au fait que la vie passe vite en chien.

Mai et moi allons avoir 40 ans cet hiver. QueMylène nous réunisse

ainsi, alors qu’il planait sur le village une douce odeur de pommes et de

feuilles d’automne, nous a chamboulées un brin.

Avant de rejoindre les mariés et le reste des invités après la célébra-

tion, on a fait une petite tournée de Saint-Paul. Une espèce deminipé-

lerinage. Mai s’est arrêtée devant lamaison où elle a grandi. Avant, je

lui avais fait (re) visiter lamienne. Elle s’est lancée dans son laïus sur la

localisation du Friton pendant quemoi, perdue dans mes pensées, je

me disais à quel point nous avions eu une belle enfance dans ce petit

bled au pied de lamontagne. De bons parents, de bons amis, de bons

voisins et un bonmilieu. Des ingrédients qui ont contribué à ce que

nous sommes toutes trois devenues aujourd’hui.

Mylène et Christian, merci pour ce voyage dans le temps.

Les filles, on remet ça n’importe quand devant une poutine, un

steamé

moutarde et une croustade aux pommes.

, un samedi

P

MERCREDI OCTOBRE

Le Plus