Background Image
Table of Contents Table of Contents
Previous Page  6 / 24 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 6 / 24 Next Page
Page Background

Isabelle Gaboriault

isabelle.gaboriault@hebdoleplus.qc.ca

Difficile de dire si cela a un lien

avec son ancienne vie de joueur

de football, mais chose certaine,

Steve Charbonneau est le genre

à brasser la cabane là où il passe.

La dernière idée de celui qui se

définit comme «un peu fou de

nature»est de fairevivre lacourse

Bromont Ultra à neuf personnes

vivant un handicap physique qui

bénéficient des servicesde laFon-

dation des sports adaptés, dont il

est le président. Parcourir 80 km

dansdessentiersétroitsetparfois

accidentés avec l’aide d’une ving-

taine d’aides-coureurs, c’est le

défi qu’il leur a lancé.

«C’est quelque chose de totalement

à mon image ! , ne cache pas l’ex-

joueur des Alouettes de Montréal

avec enthousiasme. On peut chan-

ger la vie des gens grâce au sport. »

Pour permettre aux gens à mobi-

lité réduite de s’élancer dans les

sentiers de Bromont, une chaise

adaptée a été pensée et mise au

point par des ingénieurs d’ici. Des

amis de M. Charbonneau. Inspi-

rée de modèles existants, la chaise,

baptisée le Dahü, permet désor-

mais à une personne handicapée

physiquement d’être transportée

de façon sécuritaire dans des lieux

inaccessibles en fauteuil roulant.

« Le Dahü est allongé et très, très

léger, permettant (aux gens qui le

poussent) de courir à côté, explique

Steve Charbonneau. La personne y

est assise et, si elle est mobile du

haut du corps, peut aider les aides-

coureurs avec une espèce de pôle

de ski. Je veux faire participer la per-

sonne. Si elle est capable, elle doit

donner un coup de main. »

Unegrandepremière

Ce sera la première fois qu’un

tel groupe prendra part à la cour-

se en sentiers Bromont Ultra où

sont attendus 1000 coureurs lors

du week-end de l’Action de grâces.

Sept distances sont proposées dont

le 160 km, et les gens peuvent les

franchir seuls ou en équipe.

En fait, selon Gilles Poulin, l’ul-

tramarathonien derrière le Bro-

mont Ultra, il s’agit d’une grande

première au Québec, au Canada,

voire en Amérique du Nord. Une

belle histoire née de son attache-

ment à l’organisme Vermont Adap-

tive Ski&Sports qui, comme le fait

la Fondation des sports adaptés,

organise activités et événements

pour permettre aux gens ayant

un handicap de relever des défis.

« Lors de mon premier ultrama-

rathon, j’ai amassé des fonds pour

cet organisme, raconte M. Pou-

lin. Quand Steve m’a approché, il

était donc d’une évidence même

que nous allions collaborer, car

ce qu’il fait ressemble beaucoup à

ce que propose Vermont Adaptive

Ski&Sports. D’ailleurs, avec la Fon-

dation Ultragiving, on souhaite

promouvoir l’entraide entre les

organismes. Au lieu de travailler en

silos, ils peuvent s’apporter mutuel-

lement. Ce qu’ils font, c’est complè-

tement fou ! »

La Fondation des sports adap-

tés organise et met de l’avant des

programmes éducatifs et sportifs

pour permettre aux personnes

ayant un handicap physique de

développer leurs capacités par la

pratique de différents sports, dont

le ski alpin, la planche à neige et

les sports nautiques.

« Quand tu vois ces gens-là

en action, ça vient te chercher,

ne cache pas M. Poulin. C’est là

que tu vois à quel point ce que

la Fondation fait, c’est utile. On

rend les gens heureux. C’est

extraordinaire. »

Depuis deux ans, la Fondation

Ultragiving s’engage à soutenir

différents organismes autant au

niveau local, national qu’interna-

tional. L’an dernier, 85 000 $ ont

été partagés entre divers projets,

dont la construction d’un puits en

Somalie et le financement de dif-

férents projets qui font avancer la

bataille contre les tumeurs céré-

brales, entre autres. Cette année,

les coureurs feront leur part pour

huit causes (

voir la liste

).

Gilles Poulin, en plus de rappeler

que 200 dossards sont encore dis-

ponibles pour le Bromont Ultra,

premier arrivé, premier servi,

invite les gens à venir voir les cou-

reurs s’élancer dans les sentiers.

« L’ambiance sur le site est débile ! ,

lance-t-il. À 7h quand 35 guerriers

partent pour 34 heures de course,

c’est magique ! »

Le Bromont Ultra cherche éga-

lement des bénévoles pour la nuit

du 11 au 12 octobre. Pour infor-

mation et inscription : bromon-

tultra.com

Bromont Ultra

Une course pas

comme les autres

Steve Charbonneau, président de la Fondation des sports adaptés.

— photo

fournie par Steve Charbonneau

Gilles Poulin, l’ultramarathonien qui a lancé le Bromont Ultra.

— photo Ariane

Poulin, archives La Voix de l’Est

Éric Bergeron et Yan Martin sont

prêts à tout. Rien ne les arrête.

Même pas leur handicap respectif.

L’été, ils font du ski nautique et l’hi-

ver, c’est le ski alpin. Le tout grâce

à la Fondation des sports adaptés.

Le week-end du 10 septembre, ils

participeront à la course Bromont

Ultra. Une grande première qu’ils

envisagent avec beaucoup de fébri-

lité. «Ça va être extraordinaire ! », a

lancé Éric Bergeron, atteint de la

maladie de Lesch-Nyhan. L’homme

de 32 ans qui travaille pour la Fon-

dation s’est dit très calme à l’idée de

relever ce défi. « Je dors toutes mes

nuits, et parfaitement ! », a-t-il lancé

en riant. Même son de cloche du

côté de Yan Martin, qui n’a que de

bons mots pour la Fondation qui

lui fait vivre des émotions fortes.

« C’est une organisation incroya-

ble, insiste le kinésiologue de for-

mation. Le Dahü, c’est malade ! Je

n’en revenais pas de voir ce que

cette bébelle permet. Ça m’a per-

mis d’aller dans des endroits dans

la montagne où je ne serais jamais

allé de la vie avecmon fauteuil rou-

lant. Par exemple, on passe entre

deux arbres à une vitesse incroya-

ble. C’est extrême, mais tout en

étant très sécuritaire. Je l’ai essayé

et c’est tout un

feeling

! »

Yan Martin a perdu l’usage de

ses jambes à la suite d’un grave

accident de voiture à l’âge de 17

ans. Depuis, il n’a toutefois jamais

cessé de faire du sport. «Ce qui est

bien avec la Fondation, c’est qu’el-

le nous permet de vivre des expé-

riences qui seraient impossibles

sans de l’équipement spécialisé et

des bénévoles, explique Yan. Jouer

au basket ou au tennis en fauteuil

roulant ça se fait facilement, mais

du ski nautique et aller en monta-

gne, c’est impossible sans le Dahü

et des gens impliqués. C’est le seul

organisme qui offre ça. »

L’été dernier, Yan a lui-même agi

comme bénévole lors des sorties

en ski nautique, en accompagnant

une amie, aussi en fauteuil roulant,

pour qu’elle vive la sensation de

glisser sur l’eau. «Pour moi, ça a été

une expérience personnelle, socia-

le, professionnelle, voire familiale,

très enrichissante, dit-il. Ma famille

était fière de moi. J’aime toujours

me pousser plus loin. »

Une caractéristique qu’il retrouve

également chez le président de la

Fondation des sports adaptés, Ste-

ve Charbonneau, avec qui il a déve-

loppé une belle complicité. « On

s’entend que le gars pourrait faire

autre chose de sa vie, souligne-t-

il. S’il est là, c’est qu’il y croit. Il fait

ce

job

pour les bonnes raisons et

ce qu’il fait avec la Fondation, c’est

incroyable. »

Isabelle Gaboriault

Toujours plus loin

Les causes 2015

•FQMC (maladie cœliaque)

pour un camp d’été pour

les jeunes.

•La société de conservation

du mont Brome pour

l’achat de terrains et la

sauvegarde du patrimoine

faunique de Bromont.

•Un orphelinat au Myanmar

(Sunrise Home), pour la

reconstruction du

bâtiment principal de

l’orphelinat.

•La Société de la Sclérose

latérale amyotrophique du

Québec (SLA), pour un

projet Interconnection.

•ROTH (Reach out to

Humanity), pour la

construction de l’école

MWEDO pour de jeunes

filles Massai en Tanzanie.

•La Société Canadienne de

la sclérose en plaques,

division du Québec pour

financer les activités du

programme Volet

jeunesse SP 2015 et/ou

2016.

• I2P - Impossible to

Possible, pour une

expédition pour les jeunes

dans le domaine de

l’éducation.

•La Fondation des sports

adaptés (FSA) pour l’achat

et le design d’équipements

sportifs adaptés aux

besoins des gens à

mobilité réduite.

Autre texte en page 14

P6

mercredi 7 octobre 2015

Le Plus