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mercredi 28 octobre 2015

Le Plus

Isabelle Gaboriault

isabelle.gaboriault@hebdoleplus.qc.ca

Uniqueetmagnifique. C’estences

termesque l’artisteenartsvisuels

Roméo Gongora, qui termine sa

résidence au Centre d’essai en

art actuel le 3

e

impérial, définit le

projet qu’il a mis sur pied cet été,

soit celui de fonder une commune

à Granby. Du 27 mai au 21 juin, lui,

quatrefemmesetunbébéontvécu

uneexpériencehorsde l’ordinaire

qui, dit-il, «a laissé des traces».

Ces traces, ils les ont présentées

samedi dernier lors d’un compte-

rendu coloré rempli de collages,

d’écrits, de photographies et de

créations vidéo.

Le projet

Une commune pour

repenser le monde à travers la créa-

tion

a été lancé à Granby après

des mois de recherche sur ce

mouvement alternatif des années

1970 par Roméo Gongora, alors en

quête de ses origines québécoises.

Lui qui dit aimer réveiller de vieux

fantômes pour les remettre à jour

souhaitait, par cette commune en

plein bois, «vivre une expérience de

transformation».

« Ça nous a amenés, effective-

ment, à nous interroger, souligne

l’homme aux origines guatémaltè-

ques. Même si j’ai l’habitude de tra-

vailler en groupe, ça me surprend

chaque fois ! Nos attentes ont été

chamboulées. »

La première chose qui a dû être

modifiée dans le groupe, c’est l’ho-

raire. Trop d’activités apparaissaient

au programme. «On ne savourait

pas le moment, explique l’artiste.

On s’est donc ajustés au rythme de

chacun. »

Une fois adaptés à la vie en pleine

nature et aux personnalités de cha-

cun, tous ont ensuite vécu de belles

discussions et divers ateliers. «Bien

sûr, comme j’étais le seul homme

parmi un groupe de femmes, il a

beaucoup été question de la place

de l’homme et de la femme, de leurs

rôles, etc. »

Un atelier sur l’herboristerie avec

Anny Schneider, la visite du socio-

logue Jean-Marc Piotte, l’écoute de

films et diverses autres activités ont

figuré au calendrier. «On a été bien

occupés ! », ne cache pas Romée

Gongora, visiblement satisfait de son

passage a Granby. Tous tenaient, à

travers le projet, à s’épanouir grâce à

l’art, tant au niveau social, psycholo-

gique, spirituel que politique. Un cap

qu’ils ont réussi àmaintenir.

« Le but de cette commune, dit-

il, était de repenser le monde en

terme collectif et non en terme de

temps ou d’argent, ce qui est très

subversif. Ce que je retiens surtout

de l’expérience, c’est l’idée d’hori-

zontalité : tout le monde égal, au

même niveau, sans l’égo. »

R omé o G o n g o r a e n t e n d

maintenant se pencher sur les

notions de don, d’économie, de

philanthropie en lien avec l’atta-

chement et le détachement. L’année

2016, il l’amorcera en Inde, là où les

notions de charité, de don et de

détachement sont bien présentes.

En mars, il se dirigera vers Lon-

dres pour exploiter le thème de la

philanthropie.

Une commune à Granby

Une expérience qui laisse des traces

L’artiste, quatre femmes et un bébé prenaient part à l’expérience.

— photo

fournie par RoméoGongora

L’artiste Roméo Gongora est à l’origine de la

Commune pour repenser lemonde à travers l’art

qui s’est tenue à Granby cet été. —

photo JanickMarois, archives Le Plus

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