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P8

mercredi 28 octobre 2015

Le Plus

Isabelle Gaboriault

isabelle.gaboriault@hebdoleplus.qc.ca

Incontournable, ledeuil touchera

tout lemondeet àplusieurs repri-

ses dans une vie. Autre constat

inévitable: tous mourront à leur

tour un jour ou l’autre. Pourquoi

alors ne pas se préparer à tra-

verser cette étape qu’est lamort

pourmieux lavivre?Lamort peut

êtreunemerveilleuseécoledevie,

insiste l’accompagnatriceHélène

Giroux. Le 8 novembre, elle lan-

cera un livre réconfortant sur ce

que lesmourants lui ont enseigné.

Hélène Giroux est une femme

lumineuse. Le genre de personne

qui voit le verre à moitié plein à

tous coups. Positive et rayonnan-

te, elle a toujours aimé travailler

en relation avec l’humain. Mais un

jour, son désir de vouloir faire plus,

d’aider, l’a amenée à suivre une for-

mation comme accompagnatrice

en fin de vie. « Je voulais appri-

voiser la mort, mieux m’outiller »,

raconte celle qui possède une

formation comme préposée aux

bénéficiaires.

«Au premier accompagnement

qu’onm’a proposé, j’étais morte de

peur! , raconte-t-elle. Ce n’était pas

un exercice. C’était bien vrai. C’est

là que j’allais voir si j’étais suffisam-

ment équipée. Finalement, j’ai été

émerveillée par l’expérience. »

Pour M

me

Giroux, la fin de vie

d’une personne représente un

moment sacré. « C’est un beau

moment », insiste-t-elle. Selon

elle, la vision de la mort de cha-

cun dépend de sa vision de la vie.

«Moi, je crois que nous sommes

ici pour expérimenter des choses,

explique-t-elle. Nous avons tou-

jours quelque chose de positif à

tirer de nos expériences, de notre

parcours, et ce, peu importe la

durée de ce parcours. »

«On ne peut pas jouer à l’autru-

che : la vie ne va pas durer éter-

nellement, poursuit-elle. Il faut

l’accepter. L’apprivoiser. Apprivoi-

ser la mort nous ramène à la vie.

Ce n’est pas que noir, négatif et

difficile. »

Une philosophie qui n’enraye pas

les émotions d’ennui, de tristesse

ou de colère qui naissent du deuil,

mais qui peut « rendre le ‘après’

moins difficile », souligne-t-elle.

Apprentissages

Hélène Giroux accompagne

des hommes et des femmes de

la région vers la mort depuis huit

ans. De son métier exceptionnel,

un premier ouvrage a vu le jour en

2012

Le privilège d’accompagner...

choisir de côtoyer la mort

. Un gui-

de qui, par divers témoignages,

s’adressait aux gens qui souhai-

taient apprivoiser lamort, la démy-

thifier. Son deuxième livre propose

une approche plus lumineuse, tou-

jours à partir d’accompagnements

vécus au fil des dernières années.

« Il y est question des enseigne-

ments reçus », dit la chaleureuse

accompagnatrice. 

Ainsi, à travers sa rencontre

avec une dame de 86 ans, une

autre de 94 ans, infirmière de for-

mation, un homme d’affaires, une

femme dans la quarantaine, etc.,

M

me

Giroux aborde les notions de

compassion, d’unicité, d’empathie,

de résilience et d’espoir. «Plein de

belles choses se passent en fin de

vie, raconte-t-elle. Des réconci-

liations, par exemple. Les gens se

disent qu’ils s’aiment. Ils prennent

le temps. L’être humain et l’amour

prennent alors toute la place. Les

gens parlent des vraies affaires. On

est dans l’authenticité. Je suis bien

avec les mourants, car on est dans

les valeurs essentielles. C’est un

enseignement extraordinaire ! »

Ce que les mourants m’ont ensei-

gné... L’apprentissage de la vie

au seuil de la mort

sera lancé le

dimanche 8 novembre, à 13 h, à

la salle du conseil municipal de

Granby. Il est disponible en librai-

rie à partir de ce mercredi 28 octo-

bre. Le mardi 24 novembre, dans

le cadre des soirées-conférences

Se relier au cœur dumonde

organi-

sées à Saint-Césaire, HélèneGiroux

offrira une conférence en compa-

gnie de l’animatrice et auteure

France Gauthier. C’est à 19 h.

Hélène Giroux

Quand lamort fait mordre

dans la vie

Hélène Giroux fait un métier peu commun. Elle est accompagnatrice de fin

de vie. Elle publie dans les prochains jours un livre sur le sujet.

—photoAlain dion

Enplus de l’importancede vivre

le moment présent, du don de

soi et de l’amour, Hélène Giroux

ne cesse de recevoir de précieu-

ses leçons de vie des mourants

qu’elle accompagne. Une autre

chose qu’elle a apprise au fil du

temps, c’est qu’elle ne veut pas

mourir subitement. « J’aimerais

avoir du temps», dit-elle.

Prendre le temps de parler à la

personne qui se prépare à mou-

rir, de la prendre dans ses bras, de

se rappeler avec elle souvenirs et

anecdotes sont des moments

précieux. « C’est beau malgré

tout, fait-elle remarquer. La nais-

sance et la mort, c’est presque

pareil.»

Invitée à accompagner uneper-

sonne mourante, celle-ci entre

dans l’intimité d’une famille.

D’ailleurs, malgré qu’elle apporte

soins et réconfort à la personne

malade, M

me

Giroux dit être très

présenteet aidantepour la famille.

«Parfois, je peux intervenir plus

auprès de la famille que dumou-

rant, souligne-t-elle. Lemourant,

lui, évolue très, très vite par rap-

port à sa situation. À unmoment

donné, tuacceptes que tu t’envas.

La famille, elle, a souvent besoin

de parler. Avec elle, on aborde

donc le processus de lamort.»

Et le secret, poursuit-elle, quand

onaccompagneunepersonne en

fin de vie, est d’offrir une présen-

ce chaleureuse. «De la chaleur

humaine et du réconfort, résu-

me-t-elle. Et on peut pleurer! On

dit les vraies affaires et on est à

l’écoute.»

M

me

Giroux indique d’ailleurs

qu’il est possible d’accompagner

dans un silence réconfortant.

«Des fois les gens se sentent mal

à l’aise et démunis face à une per-

sonne mourante, mais parfois il

vaut mieux ne rien dire que de

dire des platitudes. Mieux enco-

re : on peut lui dire que nous ne

savons pas quoi dire.»

Dans son rôle d’accompa-

gnatrice, Hélène Giroux fait le

travail d’une préposée aux béné-

ficiaires, voire plus. «Je donne les

médicaments, j’apporte les soins

physiques, je fais les transferts

(d’une chaise à un lit, par exem-

ple), je donne les soins de fin de

vie (hydratation, faire manger la

personne, brossage de dents) et

je fais la toilette du défunt, énu-

mère-t-elle. Si la famille le désire,

je peux aussi habiller la personne

après son décès.»

« La mort est un moment très

intime dans le parcours d’une

personne. Pouvoir vivre ça avec

elle, c’est une chance.»

Isabelle

Gaboriault

La mort:

unmoment

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