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Prenez note que cette chronique est la dernière que signera France

Arbour pour

. Aux prises avec de petits problèmes de santé,

M

me

Arbour déposera sa plume le temps de reprendre des forces.

Merci pour cette belle grande collaboration M

me

Arbour!

Prenez soin de vous.

ISABELLE GABORIAULT

COORDONNATRICE DE L’HEBDO

LE PLUS

COLLABORATION SPÉCIALE

CHRONIQUE

France Arbour

redaction@hebdoleplus.qc.ca

France et son français

Dansma chronique aujourd’hui, je vous propose de corriger des anglicis-

mes qui entrent en catimini dans notre vocabulaire quotidien.

Le mot «

light

» s’installe partout, les yogourts, les prix, les denrées avec

moins de calories. Tout est

light

.

Pourquoi ne pas se servir d’allégé, de léger, d’écrémé, de petits prix?

À vous de choisir.

Entendu récemment lemot «

sponsor

». Venu dumot anglais qui veut dire

s’engager, soutenir, il serait venu d’époux et épouse. En français, nous avons

parrain, marraine, mais lemot le plus juste est «mécène». C’est au 1

er

siècle

avant J.-C. queMécène, proche de l’empereur Auguste, décide de promou-

voir les créateurs. Son nom est resté pour qualifier toute personne offrant

une aide financière à un artiste ou à un sportif. Mettre en valeur le nomd’un

homme qui a aidé à créer de belles choses serait perpétuer sa gloire.

Servons-nous du «

spray

» ! Ce mot anglais se retrouve sur les canettes

de fixatif pour les cheveux, sur les gouttes contre la congestion nasale, sur

les flacons d’eau de toilette, de parfum, d’huile de cuisine, et je vous laisse

en trouver autour de vous. En somme, il pulvérise ou vaporise. Donc, c’est

un peu plus long qu’en anglais, mais c’est tout de même un vaporisateur.

On l’a coupé en deux pour la cigarette à vapeur.

L’adjectif «

digital

» se donne à une montre ou un appareil photo. Non,

non, non! En français, il signifie «qui appartient au doigt». Il vient de digi-

talis «qui a l’épaisseur d’un doigt ». En anglais, «digit » est chiffre et «

digi-

tal

» signifie «qui utilise des nombres». Se souvenir qu’en français, il signifie

«numérique». Donc, unemontre à affichagenumérique et unappareil photo

numérique.

«

Sécure et insécure

», sont des anglicismes que l’on ne doit pas employer

pour les mots «sûr, de confiance, dangereux, qui n’est pas sûr». On dira: il

n’est pas digne de confiance. Un endroit dangereux. Rouler prudemment.

Soyez confiant (e)!

On fait un beau «

team

» ! Est-ce d’un duo qu’il s’agit, d’une équipe, d’un

groupe de personnes travaillant dans la même entreprise, d’une équipe de

chevaux? Allez! Corrigeons et précisons: je vous présente mon équipe. Il

forme un duo gagnant. Notre groupe soutient vos propositions. Les deux

pilotes de cette écurie ont marqué des points au dernier grand prix.

Le «

timing

» ? Il en faut pour être à l’heure, à temps. Il faut être au bon

moment, à l’heure fixée à l’horaire, trouver le bon rythme. Soyons précis

sur le temps choisi et évitons les retards et les retardataires qui n’ont pas le

respect du rendez-vous prévu.

Voilàmonpetit panier demots à corriger, à oublier ou à conserver pour les

jours où nous partirons vers les pays anglophones.

Je souligne que l’Académie française vient de s’attaquer aux anglicismes

et au bon usage en France en demandant aux revues, périodiques, hebdos,

etc., de s’autocorriger. Deux volumes

Dire, ne pas dire

sont parus aux éditions

Philippe Rey.

Je termine en citant Étienne LeGal qui, en 1927, écrivait

«On ne sait plus le

sens des mots. On ne prend plus le temps de choisir le mot juste et on emploie

les termes avec négligence et ignorance. Notre belle langue est menacée dans

ses qualités maîtresses : précision, clarté, logique, force, justesse. Son avenir

est compromis, et avec lui l’avenir de notre pensée.»

Phrase qui me fut dictée

lors demon passage comme étudiante auConservatoire Lasalle à la fin des

années 50.

Est-ce encore vrai?

À vous deme répondre,

On dit quoi? ou Qu’est-ce qu’on dit?

JEAN FRANÇOIS GUILLET

jean-francois.guillet@lavoixdelest.ca

L’organisme Ressource pour

hommes de la Haute-Yamaska

(RHHY) a fait un pas de plus pour

aidersaclientèleàbriserlesilence

àproposd’abussexuelsvécusdu-

rant l’enfance. Ceci enemboîtant

lepasauprogrammeHASE, lancé

officiellement lundi.

« L’abus sexuel doit avoir le pal-

marès d’être partagé avec les vio-

lences les plus graves, les plus

destructrices et les moins dénon-

cées. C’est une vérité criante. La loi

du silence règne sur cette forme de

violence souvent commise par les

proches », a indiqué en point de

presse l’adjointe à la coordination

du projet HASE (hommes abusés

sexuellement durant l’enfance),

Zakya Abounaïdane.

En fait, l’initiative a pris nais-

sance en avril 2014 lorsque des

membres de RHHY ont pris

part à un séminaire mené par À

cœur d’homme, un regroupe-

ment dont fait partie l’organisme

granbyen. Une présentation des

services offerts par CRIPHASE,

une ressource montréalaise qui

accueille la clientèle masculine

ayant été victime d’abus sexuels, a

été l’élément déclencheur du pro-

jet initié par M

me

Abounaïdane

dans la région. « Il y a tellement de

tabous qui entourent la mascu-

linité. C’est important d’aider les

hommes à les faire tomber », a-t-

elle fait valoir.

De son côté, le directeur géné-

ral de RRHY, Bernard Proulx, a

évoqué des statistiques plutôt

éloquentes. « Près de 90 % des

agressions sexuelles ne sont pas

déclarées à la police. Les deux

tiers des victimes sont âgés de

moins de 18 ans. Près de huit vic-

times sur dix connaissent leur

agresseur. Et un homme sur trois

affirme avoir subi des contacts

sexuels non désirés durant sa vie.»

Les séquelles et les symptômes

des sévices sexuels les plus sou-

vent reportés vont de la dépres-

sion à la tentative de suicide, en

passant par la toxicomanie et le

trouble de la personnalité limite,

a poursuivi M. Proulx.

ISOLEMENT

Un des principaux objectifs du

programme HASE est de briser

l’isolement des hommes. «Plus la

victime arrive à vivre les émotions

qui font partie de la réalité de

l’abus sexuel, plus il lui est possi-

ble de retrouver une certaine paix.

La vie est une boîte à surprises qui

risque d’éclater aumoindre stimu-

lus. Les souvenirs de l’abus sont

envahissants et menaçants. Notre

accompagnement permet à la vic-

time de prendre une certaine dis-

tance par rapport à ce passé. Mais

cette fois-ci, le passé est mieux

digéré, a illustré M

me

Abounaïda-

ne. L’homme qui vient chercher

de l’aide est très [peu] conscient

que cet acte a un impact sur son

mal vécu et les comportements

inadmissibles en société. »

Ainsi, la démarche se décline

en dix ateliers. Ceux-ci portent

notamment sur le choc post-

traumatique, les mécanismes

d’adaptation et les séquelles

psychologiques des abus, com-

me le déni et le refoulement des

émotions.

Jusqu’à maintenant, un premier

groupe de six hommes ont pris

part au projet. Son instigatrice

s’est dite ravie des résultats obte-

nus. « Plus les hommes décou-

vrent qu’il y a un espace pour eux,

plus ils y viennent, a-t-elle men-

tionné. Avec nous, les hommes

entrent dans un bain. En groupe,

il y a un partenariat qui se crée. Ils

ne sont plus seuls. C’est beau de

voir la dynamique qui s’installe. »

Pour de plus amples renseigne-

ments à propos des services de

RHHY et du programme HASE,

signalez le 450-777-6680.

ABUS SEXUELS CHEZ LES HOMMES

Un nouvel outil pour

briser le silence

On voit ici BertrandProulx, directeur général deRHHY, aux côtés deZakyaAbounaïdane, l’initiatriceduprojet HASE,

lancé officiellement lundi.

PHOTOALAIN DION

P

MERCREDI NOVEMBRE

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